Bonjour,
Ordinairement, je suis ici en observateur et j'apprends, mais là j'ai quelques qualifications..
Tout d'abord tes rochers et la technique que tu utilises sont diablement efficaces et bon marché!
Maintenant pour la peinture, procéder par lavis successifs (ou "jus") est le seul moyen d'arriver à quelque chose de bien, par contre il y a quelques trucs à savoir.
Le plus important: Il vaut mieux trop de couches que pas assez.
Prendre son temps, regarder, laisser sêcher.
Les lavis à l'acrylique se superposent les uns aux autres (en attendant que chacun soit sec avant de le recouvrir) et jouent ensembles par transparences, la couche de base étant encore par endroit sensible.
Il n'est pas inutile, pour les dernières couches d'ajouter du liant (genre Caparol) qui permettra de mettre peu de pigment sans étaler de l'eau pure, mais surdosé donnera des brillances pas compatibles avec les rochers (essayer avant de poser)
Il ne faut jamais mettre du blanc dans un lavis: Ca opacifie et du coup bloque les transparences.
Il faut savoir qu'une bonne patine n'est pas forcément composée des teintes que l'on obtiendra au final.
Je m'explique.
Dans le cas mettons d'une vieille muraille de chez nous, je la peindrai d'abord d'un bleu, comme celui d'ici, pour ensuite revenir dessus avec des ocres rouges, bruns et jaunes. Le bleu du début servant à "refroidir" la patine et donner du contraste au final.
En fait on met en fond la complémentaire opposée de la teinte finale: Si c'est plutot marron à la fin, du bleu, si comme dans ton cas c'est gris bleu, et bien un rose saumon conviendra. Il sera recouvert de plusieurs lavis de teintes froides, bleues, vertes.
D'une manière générale on applique les lavis dans l'ordre décroissant des couleurs, du plus sombre au plus clair, de l'ocre brun au jaune paille.
L'oeil traite les teintes sombres comme étant "au fond", alors que les claires seront "en avant", il vaut mieux donc respecter ça.
Pour les outils sur cette phase, c'est brosse obligatoire. En prendre plusieures de médiocre qualité étant donné le martyr qu'elle subiront à frotter le platre. Je n'utilise pas d'éponge pour ce genre d'effet: C'est sale et pas adapté.
Une fois que la patine est posée, il faut la finir.
Il s'agira de mettre du sombre dans les creux, et du très clair sur les arrêtes supposées prendre la lumière.
En fait c'est la technique du maquillage, ni plus ni moins.
Un petit pinceau est nécessaire alors.
Et là tu utilises de la peinture un peu diluée (il ne s'agit pas d'étaler de la pate, mais il ne faut pas que ce soit de l'eau).
Au final, il est bien de revenir par ci par là avec le bleu du début, très dilué pour soutenir le tout.
Pour conclure, c'est une cuisine personnelle et chacun a ses recettes, mais c'est à peu près ça.
Il faut tester, essayer à blanc sur une partie peu visible par exemple (ou bien en coulant le platre tu en gardes pour faire tes essais), mais surtout, surtout, bien attendre entre les couches et ne pas faire de lavis trop épais.
C'est pas évident d'obtenir exactement ce que tu veux (c'est un métier aussi.. :-) ), mais en respectant au mieux ceci, tu obtiendras quelque chose qui tient quand même la route..